Réserve ornithologique de la Grande Noë

De février 2021 à Janvier 2022

Les personnes qui s’investissent sur la Grande Noé, garde, animateurs et participants bénévoles à l’entretien de la réserve, vous souhaitent leurs meilleurs vœux pour l’année 2022.

Gestion :

Nous avons subi encore durant cette année 2021, de nombreuses incivilités auxquelles la garde a dû consacrer beaucoup trop de temps : toujours des dépôts d’ordures et de déchets verts sur le parking, des détritus jetés le long des sentiers ainsi que diverses dégradations sur les observatoires. Des cyclistes circulent encore régulièrement sur les sentiers exclusivement piétonniers, souvent à vitesse excessive et se montrant même parfois agressifs.

Travaux :

Au niveau des chantiers, nous avons continué notre travail de longue haleine dans la roselière afin de limiter la propagation des ligneux. Nous voyons nos efforts récompensés par l’évolution très positive de la phragmitaie.

Les chantiers d’entretien habituels ont pu être réalisés malgré les confinements, dans la joie et la bonne humeur comme toujours : nettoyage des zones de nidification des laro-limicoles sur les îlots, rénovation et remise en place des radeaux à sternes en avril puis leur rapatriement sur leur lieu d’hivernage en septembre, entretien des chemins et débroussaillage devant les observatoires pour conserver une bonne visibilité sur l’étang.

Un nichoir à Garrot à œil d’or, 2 nichoirs à rapaces nocturnes et un nichoir à Tadorne de Belon ont été installés.  

Tous ces travaux ont pu être réalisés grâce à la participation de quelques bénévoles, mais aussi à celle particulièrement appréciée de l’EPIDE de Val-de-Reuil et à l’aide matérielle de la Base de Loisirs de Léry-Poses en Normandie.

Animations :

Peu d’animations tout public ont pu se dérouler du fait de la situation sanitaire. Par contre les groupes de scolaires et des centres de loisirs ont répondu présents. Nous avons pu participer aussi à quelques stands (Rouen, Le Havre, Heurteauville, …).

Ornithologie :

La période de l’hivernage 2020-21 n’a rien eu d’exceptionnel : les effectifs sont restés faibles et peu d’espèces rares ont été observées. Cependant avec plus de 300 sarcelles posées fin février, nous avons atteint un chiffre record pour la réserve.

Durant la migration de printemps, nous avons eu la chance d’observer une marouette poussin qui faisait une halte sur la réserve début avril et malgré la période de confinement de nombreux observateurs et photographes sont venus voir cette espèce très rare, malheureusement pas toujours suffisamment discrètement !

 Lors de la période de nidification, nous avons constaté que les colonies d’aigrettes garzettes et de hérons gardeboeufs, qui se sont installées sur la réserve en 2020, semblent se pérenniser. Nous avons observé aussi pour la première fois sur la réserve, la nidification avec succès d’un couple de Goéland leucophée (anciennement sous espèce méditerranéenne du goéland argenté et aujourd’hui élevée au rang d’espèce à part entière). Autres nicheurs rares : le Canard chipeau s’est reproduit cette année encore sur la réserve ainsi que la Nette rousse. Les mouettes (rieuses et mélanocéphales) et les sternes pierregarins, qui se sont réinstallées essentiellement sur la réserve plutôt que sur une des iles du Lac des 2 Amants comme en 2020, ont produit de nombreux jeunes.

A noter aussi, la reproduction réussie pour la 2ème année consécutive d’un couple de Milan noir sur un site proche de la réserve. C’est pour l’instant, en Normandie, le seul couple connu de ce rapace grand migrateur qui produit des jeunes.

Pour ce qui est de l’estivage (présence à la belle saison sans reproduction) nous retenons surtout le chant en juillet d’un blongios nain, un petit héron rare qui a déjà niché occasionnellement sur la réserve. De jeunes hérons pourprés, une espèce peu commune aussi, qui niche dans notre pays essentiellement dans sa moitié sud, ont été observés cet été sur la réserve à de nombreuses reprises.

 Par contre, le balbuzard pêcheur, pourtant observé régulièrement dans la région à l’occasion d’une halte entre la Scandinavie où il niche et l’Afrique subsaharienne où il passe l’hiver, a encore brillé par son absence sur la Grand Noé.

Les hirondelles ont quitté prématurément le secteur, sûrement en raison du temps médiocre de l’année 2021.

Tout comme l’hiver dernier, les regroupements d’oiseaux d’origine nordique n’ont pas été considérables durant ce mois de décembre 2021. Nous sommes loin des records de certains hivers sur la Boucle de Pose (site souvent classé d’importance nationale pour l’hivernage du fuligule milouin il y a quelques années par exemple). La température trop douce pour la saison en est probablement une des raisons.

 

Focus sur la Marouette poussin :

Elle fait partie de la famille des Rallidés comme le Râle d’eau, la Foulque macroule et la Poule d’eau. C’est un grand migrateur qu’on observe rarement chez nous, lors d’une halte migratoire. Sa population mondiale évolue de manière préoccupante. L’espèce est classée nicheur en danger critique de disparition dans notre pays (moins de 10 couples) alors qu’elle y était relativement commune au 19ème siècle. La dégradation de l’habitat qu’elle occupe en période de reproduction (marais avec mares ou fossés de faible profondeur, tourbières, vallées inondées … en est une des causes principales. Elle niche essentiellement dans la moitié Est de l’Europe.

Très discrète, de petite taille et cachée le plus souvent dans une végétation  fournie, elle est difficile à observer. C’est par son cri facilement reconnaissable que le plus souvent elle trahit sa présence. Elle se nourrit principalement de divers petits invertébrés, surtout d’insectes aquatiques.

 

 

 

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