La réserve mois par mois

Mars / Avril : 

La sterne pierregarin niche à la Grande Noé, c’est d’ailleurs la plus grosse colonie normande.

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Les radeaux en place devenus vétustes et risquant de couler à tout instant, nous avons travaillé depuis deux ans à leur remplacement. Cet hiver, ce projet s’est concrétisé et, à son retour, nos belles « hirondelles de mer » vont pouvoir profiter de deux radeaux flambant neufs pour y élever leurs jeunes d’avril à septembre.

Durant l’hiver, les élèves du lycée horticole d’Évreux en ont construit un tandis que le service menuiserie de la base de loisirs en recyclait un autre issu du festival Lands’ art.

À la mi-Mars, quelques bénévoles de l’Eure, 2 salariés du GONm et 3 du secteur espaces verts de la base de loisirs de Lery-Poses-en-Normandie se sont retrouvés sur la réserve pour leurs mises à l’eau. Le « Lands ‘art », d’une tonne, a pu être acheminé au bord de l’eau à l’aide d’un tractopelle et à l’extrême précision du salarié conducteur d’engins.

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Après, notre mission a consisté à regrouper les radeaux temporairement face à l’observatoire aux mouettes afin de nous faciliter la tâche pour leur mise en place définitive (il ne fallait pas les mettre trop tôt en place de façon à éviter que les mouettes ne s’y installent avant l’arrivée des sternes).

Le positionnement définitif et l’aménagement de chaque radeau (pose de graviers, de caches) a eu lieu tout début avril et a nécessité l’intervention d’une main d’œuvre importante : en plus des 2 salariés du GONm, L’Épide (centre de réinsertion professionnel de Val de Reuil) est donc venu nous prêter main forte.

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Tout cela n’aurait pas pu avoir lieu sans le prêt du bateau et le concours de la base de loisirs de Lery-Poses-en-Normandie, du lycée horticole d’Évreux et de l’Épide. Merci à tous pour leur fidélité et leur engagement à nos côtés.

Espérons que les sternes, reconnaissantes, s’installeront en nombre !

Janvier / Février:

Dans nos contrées, le pygargue à queue blanche, qui est de la famille des aigles, impressionne par sa grande taille et son aspect corpulent. Il ne passe donc pas inaperçu.

Espèce occasionnelle en France il a attiré beaucoup d’ornithologues en bordure du lac de Poses.

Oiseau sombre avec seulement le bout de la queue blanche, il a le bec jaune. Le juvénile lui est entièrement sombre, queue et bec compris. Il prendra l’aspect de ses parents progressivement durant ses 5 années d’immaturité. Les jeunes sont erratiques alors que les adultes sont sédentaires. Donc il n’est pas étonnant que l'oiseau qui est présent depuis au moins un mois sur la boucle de Poses et qui vient dormir certains soirs sur la réserve dans le dortoir à cormorans soit un immature âgé de 2 ou 3 ans.

Son vol est lourd , un peu comme celui des vautours.

Aigle pêcheur par excellence, il voit les poissons par transparence dans les eaux calmes. A Poses, avec des températures extrêmes de -11°C, le lac étant partiellement gelé, il a fait des entorses à son régime alimentaires en se nourrissant majoritairement de foulques macroules attrapées sans aucune difficulté.

Extrait de l'atlas des oiseaux nicheurs de France métropolitaine (Nidal ISSA et Yves MULLER, Delachaux et Niestlé-2015):

"La population européenne de Pygargue à queue blanche, en forte progression dans les années 1990 et 2000 grâce aux nombreux programmes de conservation et/ou de réintroduction, n' est pas considérée menacée. Les effectifs européens ont ainsi été multipliés par deux en une décennie, passant de 5000-6600 couples au début des années 2000 à 9000-11000 en 2008. Ils se distinguent grossièrement en deux grandes populations, la principale au nord (Scandinavie, Allemagne, Pologne et Russie) et l'autre au sud-est du continent (pays du bassin du Danube)."

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Le coup de froid de fin Janvier / début février, avec des températures descendant jusqu’à 11 C a provoqué le gel complet de toute la réserve et d’une partie de la boucle de Poses avec plusieurs de gel sans dégel a vidé la réserve de ces habitants.

 

Les grands cormorans eux commencent à arborer leurs parures nuptiales avant de séduire leur conjoint et de commencer leur reproduction sous peu.

Novembre et Décembre :

La réserve ornithologique de la Grande Noé souhaite une très bonne année à tous ses usagers ainsi qu’à tous les visiteurs de ce site internet.

Durant ces 2 derniers mois, de nombreux travaux ont été effectués. La coupe d’une partie des saules et des bouleaux a permis après de réaliser le décapage du sol afin de permettre autant que possible l’extension de la roselière.

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Début décembre, le stage des adhérents du GONm a permis aux participants d’observer de nombreuses espèces arrivées depuis peu de temps dans la boucle de Poses (butor étoilé, garrot à œil d’or, harles piette et bièvre)

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 Photo Delphine Deltour

Sur la réserve même, un autour des palombes, des canards pilets ou roitelet triple-bandeau se sont laisser admirer. Sur le reste de la boucle de Poses, nous avons pu contempler ou écouter, grèbes jougris et esclavon, pigeon colombin, grimpereau des jardins, bécassine sourde mais aussi espionner à la longue-vue les faits et gestes du couple de faucon pèlerin local. Près du barrage de Poses, la comparaison entre le goéland argenté et le goéland leucophée a permis à tous de bien enregistrer les critères permettant de les distinguer l’un de l’autre.

 

Parmi les oiseaux aquatiques, les grèbes appartiennent à l ’ordre des podicipédiformes qui, au niveau mondial, est constituée de 6 genres et de 22 espèces. Ce sont des oiseaux plongeurs avec des pattes très en arrière ce qui constitue une adaptation à la vie amphibie. Cette particularité, commune à d’autres espèces se nourrissant en profondeur, permet aux oiseaux de se propulser vers le fond des étangs, lacs et bord de mer afin de s’y nourrir. Ces espèces font des nids flottants et leurs petits sont nidifuges, c’est à dire qu’il quitte le nid quelques heures après leur naissance. Les grèbes ne viennent pratiquement jamais au sol et ont une certaine aversion à voler.

 

Petit focus sur le grèbe jougris.

C’est un animal holarctique, autrement dit il est présent aussi bien en Europe qu’en Amérique du Nord et en Asie.

En Europe, il niche surtout dans le nord-est du continent et exceptionnellement dans l’Est de la France. C’est aussi un hivernant peu commun présent d’août à avril. En effet, en hiver, moins d’une centaine d’individus sont présents en France sur les lacs de grande taille, en mer, dans les lagunes et les baies. Nous en avons parfois sur le lac des 2 amants comme ces 2 derniers hivers.

Il est un peu plus petit que le grèbe huppé et, en hiver, s’en distingue par sa teinte plus grisâtre, son cou plus épais, son bec plus court et surtout à bout noir et à base jaune. C’est un oiseau difficilement observable car farouche et plongeant sans cesse pour se nourrir de petits poissons qu’il ramène à la surface avant de les avaler.

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Photo de grèbe Jougris de Christian Gérard en internuptial, c'est à dire comme nous le voyons en hiver.

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Photo de Serge Mouhedin comme on peut le trouver en nuptial dans l'est de l'Europe

Septembre / Octobre :

Quatre chantiers ont eu lieu sur la réserve durant cette période. Les deux traditionnels où une dizaine de participants se sont retrouvés afin d’effectuer des taches laborieuses telles que arracher les orties, chardons, jeunes arbres mais aussi continuer à creuser la mare centrale de façon à arriver jusqu’à l’eau. Pendant ce temps là, une autre équipe s’attelait à créer une diguette destinée à protéger les oiseaux des vents dominants. Cette multitude de micros milieux sur ces ilots devrait permettre l’accueil de nouvelles espèces nicheuses.

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Le troisième chantier a permis de dégager la vue devant les observatoires mais aussi de nettoyer le sol qui était jonché de déchets. Le dernier nous a permis de continuer le travail de l’an passé, c’est à dire continuer à défricher les anciennes mares temporaires à l’aide de l’EPIDE, centre de réinsertion sociale et professionnel de Val de Reuil.

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Merci à tous les participants à ces chantiers pour leur aide précieuse.

 

Côté observations, peu de balbuzard pêcheur ont été vu ces automne sur la boucle de Poses et la ZPS des terrasses alluviales de la Seine par rapport à l’accoutumée. Fin Octobre, il était encore possible de voir des jeunes grèbes huppés n’ayant toujours pas atteint la taille adulte. Mais l’automne symbolise  l’arrivée des premiers canards hivernants, nous allons faire un petit focus sur la sarcelle d’hiver.

 

La sarcelle d’hiver :

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A l’inverse de sa cousine la sarcelle d’été qui s’arrête chez nous en migration pré nuptiale pour rejoindre ses sites de nidification, la sarcelle d‘hiver vient hiverner dans nos contrées.

C’est le plus petit canard de surface que l’on va trouver en Europe, mais aussi au monde. Cosmopolite, c’est une espèce commune en France en hivernage (plus de 150 000 en hivernage) mais rare et en régression comme nicheuse.

On le trouve généralement en train de se nourrir sur les vasières, sur les plans d’eau douce ou saumâtre peu profonds comme les mares, les étangs, les zones humides forestières, du fait qu’il ne plonge pas et recherche sa nourriture à moins de 15 cm sous l’eau à l’aide d’un bec court et trapu.

Cette sarcelle se nourrit essentiellement de graines de plantes aquatiques ou des prés salés comme en baie du Mont Saint Michel mais aussi d’algues et d’herbes. Elle est cependant omnivore en consommant aussi des petits crustacés, des mollusques, des insectes voire des petits poissons. Son régime alimentaire est plus carné en été qu’en hiver du fait de l’élevage des jeunes.

Ses ailes étroites et puissantes lui permettent d’avoir un vol extrêmement rapide.

Comme la majorité des canards, la femelle a des couleurs brunes assez uniformes sans caractère saillant. Le dimorphisme sexuel est très marqué chez cette espèce. Le mâle, avec sa tête marron chocolat flanquée d’une grosse larme vert bouteille autour de l’œil et un arrière train jaune encadré de noir, ne peut être confondu avec aucun autre canard européen.

En hiver cette sarcelle se concentre en gros rassemblement et assez diurne.

Il y a quelques années, nous avons pu observer sur la ZPS, sa sous-espèce américaine : la sarcelle à ailes vertes.

 

Juillet - Aout : 

Comme l’an passé, la nette rousse s’est reproduite sur la réserve et le fuligule milouin a eu 2 nichées ce qui n’était arrivé depuis 12 ans.

Globalement, du fait du temps exécrable de ce printemps, la reproduction des espèces -cygne tuberculé, canard colvert, fuligule morillon et grèbe huppé n’a pas été très bonne. La fin de la saison de reproduction plus clémente semble avoir permis quelques nichées tardives.

Nette rousse :

C’est un canard plongeur aux couleurs chaudes et vives avec un dimorphisme sexuel très fort. En effet la grosse tête du mâle est d’un roux orangé éclatant, tandis que son poitrail et son ventre noir contrastent avec ses flancs d’un blanc pur. Son bec rouge vif et ses pattes de même teinte en fait l’un des canards européens les plus bariolés. La femelle plus terne possède tout de même un bec rouge, ce qui permet de l’identifier facilement.

Sa distribution étendue va l’espèce de la Chine à la côte atlantique européenne, avec une forte présence dans les pays méridionaux .

C’est un canard plongeur atypique dont la technique de nourrissage s’apparente plus aux canards de surface qu’aux fuligules avec un temps d’immersion relativement court  et une plongée peu profonde évaluée à moins de 4 mètres. A l’inverse de beaucoup de canards, son activité est aussi bien diurne et nocturne.

On la retrouve sur la réserve en hiver mais depuis 2 ans, elle s’y reproduit aussi (1 à 2 couples sur la boucle de Poses).

Pour nicher, c’est une espèce qui affectionne les plans d’eau ceinturés de roseaux afin d’y trouver la quiétude nécessaire.

Son nid est près de l’eau cachée dans les végétaux, la femelle y pondra 8 à 12 œufs courant mai qu’elle va couver seule. En début d’incubation, le mâle gardera le nid mais très vite abandonnera ce rôle. Un mois plus tard les canetons naitront. Deux mois plus tard, les poussins qui sont nidifuges s’envoleront mais resteront dépendants encore pendant un bon mois et demi sous la surveillance des parents. Il arrive que le mâle, fait rarissime chez les canards, s’occupe de sa nichée une fois née.

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Dès la mi août, les premiers limicoles de passage vont faire leur apparition tel que les différents chevaliers mais aussi les cigognes noires et les balbusards pêcheurs. Ces oiseaux font une halte migratoire avant de retrouver leur quartier d’hiver plus au sud.

N’oubliez pas, à la mi-septembre, il y a le traditionnel chantier de la réserve afin de préparer déjà la prochaine saison de nidification en débroussaillant les ilots mais aussi en créant de nouveaux aménagements, dans le but d’augmenter le potentiel d’accueil de la réserve. Nous vous y attendons nombreux.

Mai-Juin :

C’est la période clef pour l’apparition des nichée bien que des poussins aient été vus hâtivement cette année. En effet, 2 poussins de foulques de quelques jours était observés le 19 avril.

Que se soient les nichées d’espèces nidicoles comme les grands cormorans dont beaucoup de jeunes de cette année sont maintenant volants, ou les poussins des espèces nidifuges tels que les canards, c’est l’effervescence.

Comme l’an passé, le milan noir tente une nouvelle nidification : nous saurons dans peu de temps si c’est une réussite ou un échec.  Actuellement, la végétation et la grande discrétion des adultes nous empêchent de savoir ce qui se passe dans le nid.

Les rousserolles effarvattes sont en pleine période de construction de nid, c’est pourquoi nous allons continuer notre point sur les fauvettes paludicoles par cette espèce-là.

Bien que dépendante d’un milieu très spécialisé, la phragmitaie à Phragmites australis  jouxtant les eaux dormantes ou courantes ou en peuplement dense sur de vastes surfaces comme au marais du Hode, il s’agit de la plus commune de nos fauvettes aquatiques.

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C’est un oiseau au dessus roussâtre, possédant un sourcil clair et un poitrail de couleur crème. Il n’y a aucun dimorphisme sexuel entres les adultes. Avec un pareil plumage passe partout et un sosie, la rousserolle verderolle, pas facile de distinguer ces deux espèces de rousserolles nichant dans la région lorsqu’elles ne chantent pas.

Les couples de rousserolles sont territoriaux, cependant leur densité peut parfois être impressionnante ce qui en fait une espèce semi-territoriale. Les oiseaux se déplacent dans la roselière en sautant de tige ne tige ou en faisant de courts vols.

Elle est insectivore et son nid construit à mi-hauteur accroché aux tiges des roseaux par la femelle se balance au gré du vent, tandis que le mâle assure la protection du territoire face aux éventuels assaillants.

Les 4 à 6 œufs pondus vont éclore après 12 jours d’incubation. 10-13 jours plus tard, les petits sortiront du nid, mais demeureront sous la dépendance des parents durant une vingtaine de jours.

La rousserolle est régulièrement parasitée par le coucou gris. Sa nichée est à ce moment là totalement perdue, le jeune coucou faisant passer par dessus bord œufs et poussins dès sa naissance. Il est cocasse de pouvoir observer une rousserolle en train de nourrir un oisillon quatre fois plus gros qu’elle ! 

Avril s’achève :

C’est un mois de transition où de nombreux migrateurs venant se reproduire ici arrivent, tandis que plusieurs espèces de limicoles font une halte dans la boucle de Poses avant de remonter vers le nord. Si le nombre des hivernants a fortement décliné, certains s’attardent.

Bref le mois d’avril est un mois magique  pour tout ornithologue où de nombreuses espèces se côtoient.

Parmi ces arrivées remarquables qui symbolisent l’arrivée du printemps, nous avons le coucou gris mais aussi les fauvettes paludicoles. Le terme paludicole est surtout utilisé pour parler des passereaux qui vivent dans les zones humides.  Nous allons faire un petit point sur certains d’entre eux.

 

Le rossignol philomène :

Avez vous déjà entendu son chant ? IL est des plus complexes et mélodieux mais aussi à la longue entêtant.  De jour comme de nuit il chante afin de marquer son territoire mais aussi de séduire sa femelle. Peu visible, et de taille moyenne pour un passereau, son plumage n’a rien d’exceptionnel si ce n’est une queue roussâtre et de gros yeux prouvant une importante activité dans un environnement sombre. Présent chez nous uniquement pour se reproduire, il repartira de nos contrées au plus tard en septembre.

Très lié à la présence de ronciers ou de végétaux épineux de petite taille,  on peut le trouver dans les forêts, les bois, les marais, les jardins mais aussi parfois dans les milieux secs.

Son nid est souvent très bas ( - de 30 cm) et parfois même au sol. La femelle y pond 4 à 5 œufs qui seront couvées 13 jours. 11 jours après l’éclosion les jeunes s’envoleront mais seront sous la dépendance de leurs parents durant 3 semaines.

C’est un oiseau qui se nourrit essentiellement d’insectes et de larves sans pour autant dédaigner les baies.

rossignol 

La bouscarle de Cetti :

Vous avez surement déjà entendu son chant tonitruant : « C’est moi, c’est moi, la bouscarle de Cetti »

On la trouve ordinairement dans les ronciers à proximité de l’eau. Sa population peut être décimée lors d’un hiver trop rigoureux. En effet c’est une espèce sédentaire à affinité méditerranéenne.

C’est aussi un oiseau aux couleurs neutres très difficile à voir. Se faufilant habilement au sein de son territoire, mais toujours prêt à manifester vocalement, bien des ornithologues ne l’ont qu’entendue et ne l’ont jamais vue.

La bouscarle est insectivore et varie son régime en consommant aussi des petits vers et des mollusques.

Son nid est proche du sol et la femelle y pond jusqu’à 5 œufs. La couvaison prendre 13 jours et les oisillons s’envoleront au bout de 2 semaines.

 

Vous l’avez compris, ces deux espèces s’entendent mais je se vois guère, à moins que, persévérant(e) vous décidiez d’y passer le temps nécessaire, mais attention aux crampes !

 

Mars :

Le traditionnel chantier a débuté sous le soleil avec les adhérents dans la bonne humeur. Sept personnes en tout se sont retrouvées ainsi qu’une équipe de télévision pour l ‘émission « Météo à la  carte »  de France 3 national.

météo à la carte

Le bateau prêté par la base de loisirs de Lery-Poses-en-Normandie nous a permis d’accoster sur les ilots afin de les désherber en enlevant le maximum de racines d’ortie.

Prochainement un nouveau radeau construit par le lycée horticole d’Évreux devrait être mis en place sur la réserve afin d’accueillir sternes et mouettes mélanocéphales. Merci à eux !

La sterne qui niche à la Grande Noé est la sterne pierregarrin. Il s’agit de la plus importante colonie normande.

C’est un oiseau de mer qu’on appelle régulièrement hirondelle de mer du fait de ses ailes effilées et de sa queue fourchue. La comparaison avec l’hirondelle n’en reste pas là car c’est aussi une très grande migratrice qui rejoint tous les ans l’Afrique dès le mois d’Aout/Septembre.

Ces oiseaux gracieux ont la tête noire tandis que le reste du corps est blanc et gris. Cette espèce, à pattes rouges, se distingue d’autres espèces proches grâce à son bec rouge à pointe noire. La sterne pierregarin niche en général en colonie aussi bien sur les zones côtières qu’à l’intérieur des terres sur les ballastières ou sur les ilots des fleuves.

À la Grande Noé, la colonie compte environ 50 couples. La femelle pond 2 ou 3 œufs et ses petits sont nidifuges c’est à dire qu’ils sont capables de se déplacer sur leur site de nidification dès leur naissance.

La principale menace de l’espèce est la modification de son habitat et la tranquillité des sites de reproduction. En effet, elle est philopatrique,  c’est à dire qu’une fois adulte, elle a tendance à revenir nicher sur son lieu de naissance si le milieu n’a pas subi de modification majeure.

Vers la fin Mars, l’espèce reviendra de ses quartiers d’hiver. Venez découvrir ses plongeons spectaculaires à la recherche du menu fretin.

sterne pierregarin

 

Janvier / Février : 

À partir de la fin décembre, nous avons entamé un cycle de plusieurs chantiers avec « l’Epide », centre de réinsertion social et professionel de Val de Reuil.

La première action menée a permis de créer une nouvelle mare proche de l’observatoire « Canard » et des mares à batraciens. Grâce au travail particulièrement efficace de ces 15 participants une mare de 5 m2 a été creusée et le surplus de terre fut utilisé pour rehausser le chemin d’accès. Depuis, par percolation, cette mare est partiellement en eau.

nouvelle mare

Le second rendez-vous de début janvier, a été l’occasion de rénover les anciennes mares à batraciens très envahies par la mousse et ce, avant leur sortie pour pondre. Le temps particulièrement froid n’a pas refroidi l’ardeur des participants, bien au contraire et le résultat est là : tandis que certains coupaient des arbres (saules, …) et des branches, d’autres s’activaient à enlever la mousse et la végétation. Les photos ci-jointes  montrent  bien l’état initial et actuel de la mare. À signaler que ce décapage de surface a été fait à la main de manière à agresser le moins possible le sol, la couche d’argile étant très fine à cet endroit. 

mare avant travaux

avant travaux

mare pendant rénovation

pendant travaux 
mares après rénovation
après travaux

À la mi-Janvier, 11 personnes ont répondu à l’appel afin de nettoyer la réserve de ses détritus tandis que d’autres nous ont aidés à dégager le chemin des branches et des arbres tombés sur le sentier lors des forts coups de vent de ces dernières semaines.

Un grand merci à eux et à leurs trois encadrants, très disponibles et dynamiques.

Parlons tout de même oiseaux : Sur la Grande Noé, nous avons pu retrouver les espèces habituelles, bien que ce début d’hiver particulièrement clément ne les ait pas fait venir en grand nombre : garrot à œil d’or, butor, harles bièvre et piette, fuligules morillon et milouin, sarcelle d’hiver, canards souchet et siffleur étaient tous de même au rendez-vous, tandis qu’une espèce bien plus irrégulière, un fuligule milouinan, a été vu plusieurs fois.

Sur le Lac des 2 amants, outre les espèces régulières, deux mouettes pygmées et un plongeon imbrim ont fait le bonheur des observateurs.

Le coup de froid de la mi-janvier, avec des températures oscillant entre -5° et -9° a provoqué le gel d’une partie du plan d’eau et littéralement vidé la réserve de ses hôtes. Durant cette période, il était plus aisé de voir le butor et le râle d’eau. 

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Avec le redoux, la réserve se peuple petit à petit et il faut s’attendre à voir quelques raretés durant la fin février.

Un petit focus sur le râle d’eau :

Le râle d’eau est de la famille des Rallidés tout comme les marouettes, la poule d’eau et la foulque macroule. Se faufilant furtivement dans la roselière et peu enclin à sortir à découvert, la bête n’est pas d’observation aisée : mieux vaut s’armer de patience ! Mais quand le gel s’installe, cet oiseau se montre plus facilement en lisière des grandes roselières où il vient sonder la vase à la recherche de menues proies (vers, sangsues, insectes) dans les secteurs encore dégelés. Ce n’est pourtant pas toujours un oiseau discret car il n’est pas avare de  son cri habituel ressemblant à un cochon qu’on égorge. On l’entend principalement quand il est dérangé ou au crépuscule lorsque les individus se répondent de façon à bien faire comprendre à leurs voisins qu’ils sont chez eux.

râle d'eau

Novembre / Décembre : 

Que de beau monde sur ce stage !
Avec le stage de la grande Noé, une troupe d'une quinzaine d'ornithos de toutes plumes s'était donné rendez-vous samedi matin dernier au gite de la musardière non loin des boucles de Poses pour y pratiquer leur passion durant deux jours. Ce fût l'occasion d'apprendre, d'observer et apprécier une avifaune locale variée mais aussi de s'émouvoir devant les clichés que Céline avait tiré de certains de ces derniers voyages. 
Cette petite introduction aurait pu s'arrêter là mais je pense que tout d'abord, tout le monde doit savoir ce qu'il ce cache VRAIMENT derrière les stages de terrain. Ces derniers (Chausey y compris, le l'oublions pas) sont aussi reconnu pour un sujet tout autre : la quantité de nourriture astronomique amené et absorbé par les adhérents. Impossible de savoir comment ni pourquoi tout cela arrive à rentrer dans les voitures, mais même si chacun pouvait engloutir le double de ce qu'il à l'habitude de manger, les voitures repartiraient tout aussi pleine...
Bref. En deux jours ce fût donc un concentré d'espèces dont nous pourrions citer dans les plus notable :
  • Un splendide mâle de harle bièvre ;
  • Une femelle de harle piette ;
  • Une petite troupe de garrots aux yeux d'ors ;
  • Une jeune mouette pygmée ;
  • Un plongeon imbrin ;
  • Des dizaines de fuligules morillons et centaines de fuligules milouins.garrot à oeil d'or
  • garrot à oeil d'or
La liste ne serait pas complète sans la mention de trois cygnes noirs, quelques ouettes d'Egypte, une oie à tête barrée, pas moins de 200 bernaches du Canada cherchant refuge dans la réserve et le fameux pélican blanc de Poses. Sacrément exotique dans le paysage !
ouette d'Egypte
Ouette d'Egypte 
                                                                                                                                                                                                                                                                                        
Ce qu'il faudra finalement retenir de ce stage c'est :
  • Ornithos confirmés ou non, le lieu se prête aisément à la pratique de la passion de l'ornithologie et le rend bien avec pas moins d'une soixantaine d'espèces observés en deux jours seulement (à condition de sacrifier aussi son régime).
  • L'évaluation des distances étant assez flou sur de si vastes étendues d'eau, une mesure a été mise en place par les pêcheurs répondant au doux nom de "gros brochet". A titre indicatif, on peux trouver dans le coin de sacrés poissons, dont le plus imposant ferait la taille d'une certaine salariée du GONm

Merci aux participants du stage et pour ceux l'ayant loupé, accourez-vous inscrire aux prochains ! 

Martin Billard

 

Aout / Septembre / Octobre :

Plusieurs chantiers ont eu lieu sur la réserve durant cette période.

Ceux-ci ont permis de dégager la vue devant les observatoires mais aussi d’arracher les pieds de Jussie à grande feuille qui commençaient à coloniser une petite zone proche de l’observatoire central.

Il s’agit d’une plante aquatique à fleur jaune originaire d’Amérique du Sud. Introduite en Europe au 19ème siècle, elle a colonisé de nombreuses zones d’eau douce et est aujourd’hui considérée comme une espèce invasive dans de nombreux européens notamment en France. Elle se reproduit par bouture ce qui facilite grandement sa prolifération. Utilisée un temps pour les aquariums d’eau douce, elle est maintenant interdite à la vente depuis 2007. 

jussie

photo philippe Sauvajon

A la mi-septembre, une dizaine d’adhérents se sont retrouvés pour le traditionnel chantier d’automne. Le temps particulièrement défavorable nous a poussé à nous arrêter le dimanche midi. Merci encore aux participants d’avoir braver les intempéries et à la base de loisirs des trois lacs pour le prêt du bateau. 

Le but de ce chantier, outre d’arracher les orties a été de récupérer des pierres afin de former un épi pour protéger les oiseaux des vents d’hiver : cette opération a été favorisée par  le niveau très bas du plan d’eau consécutif à la sécheresse estivale. De même, une nouvelle mare a été créée dans le but d’attirer de nouvelles espèces nicheuses : l’avenir nous dira si ce nouvel habitat qui devrait rester en eau même en période estivale aura l’effet escompté.

D’autres chantiers ont été effectués sur d’autres plans d’eau de la boucle de Poses en collaboration avec l’association Alternatiba afin de limiter l’extension de la Jussie et avec la base de loisirs des trois lacs pour remettre en état certains ilots potentiellement favorables à la nidification des sternes et des mouettes et aux stationnement des limicoles en période migratoire. Ce sont en définitive 5 ilots envahis par des saules qui sont à nouveau libre de toute végétation ligneuse.

Parlons un peu des oiseaux : les mouettes mélanocéphales et les sternes pierregarin ont repris la route vers leurs quartiers d’hiver. Les hivernants commencent à arriver et déjà quelques garrots à œil d’or ont été vus fin octobre. Les premiers butors étoilés vus semblent avoir continué leurs routes et les oies cendrées n’ont fait que des escales migratoires dans la boucle. Il est probable que l’été indien touche à sa fin : attendez-vous à ce que les effectifs grossissent dans les semaines à venir. 

mouette mélanocéphale

Mai Juin Juillet :

Dans le cadre de l’évènement national LA FETE DE LA NATURE,  le Groupe Ornithologique Normand a apporté ses compétences techniques à la base de loisirs des trois lacs, notre partenaire privilégié dans la boucle de Poses depuis de nombreuses années du 20 au 24 mai dernier. Plusieurs activités ont été proposées, du kayak avec une découverte ornithologique sur le lac du Mesnil, une animation ornithologique sur la réserve de la Grande Noé, une conférence suivie d’une sortie sur les rapaces nocturnes dans l’enceinte du centre sportif et enfin un village nature sur le lac des 2 amants. Suivant les activités nous avons eu plus ou moins de participants. Rendez-vous l’année prochaine pour de nouvelles aventures aux mêmes dates !!!

Du point de vue ornithologique, le milan noir a fait une tentative de nidification dans la boucle. Malgré la construction du nid, les parades et un accouplement observé ils n’ont plus été vus en juillet. C’est un rapace diurne de couleur brune avec une tête crème. IL a besoin pour nicher d’une présence de grands arbres ou d’escarpement rocheux. La 2 ème condition obligatoire est la proximité d’eau douce : cours d’eau, étang …On peut cependant le trouver en milieu quasi urbain. C’est un oiseau que l’on va recenser presque sur toute la planète, le seul continent où on ne le trouve pas c’est l’Amérique du Sud.

 milan noir

D’autres espèces sont restées là toute la période printanière et estivale comme le grèbe à cou noir. La nette rousse a été aussi vue avec au moins 2 jeunes sur la réserve.

nette rousse mâleMale nette rousse

nette rousse poussinpoussins de nette rousse

Actuellement les premiers migrateurs arrivent, certains ne seront que de passage comme le hérons garde-bœufs ou les chevaliers, d’autres y feront escale tout l’hiver comme le canard souchet.

Mars / Avril :

Le chantier traditionnel de printemps a eu lieu début mars : 5 personnes ont répondu présents. Dans la matinée, grâce au bateau prêté par la base de loisirs des trois lacs, l’ilot aux mouettes a fait l’objet d’un lifting de printemps : arrachage des chardons et des orties, raclage de la terre en excédant permettant de l’agrandir. L’après midi, nous nous sommes atteler à nettoyer les fouilles archéologiques. Ce chantier convivial s’est terminé par la dégustation d’un gâteau apporté par une adhérente de la région de Poses. Un grand merci à elle pour cette délicate attention appréciée de tous.

chantier mrs 2014

Une espèce inhabituelle a fréquenté la boucle durant plusieurs semaines ce qui a permis à de nombreux observateurs de pouvoir l’admirer. Il s’agit de la Bernache à cou roux qui a déjà été observée dans le secteur il y a quelques années. Dans le cas présent, s’agit il d’oiseaux sauvages ou d’échappés de captivité ? La question reste en suspens, mais leurs comportements plaident en faveur de la première hypothèse.

C’est un oiseau légèrement plus petit que la Bernache Cravant, cependant avec ses teintes chaudes et les dessins de son plumage, elle ne peut être confondue avec aucune autre espèce. Le contraste des teintes de son plumage, entre roux, blanc et noir, est du plus bel effet.

Cette bernache niche en petites colonies dans la toundra arctique proche des côtes et de l’embouchure de fleuves. Là, elle profite de la protection involontaire, mais bien réelle des rapaces envers son principal prédateur, le renard polaire, que ces derniers font fuir dès qu’ils s’approchent de leurs sites de nidification. 

Habituellement sa zone d’hivernage se trouve à l’est de l’Europe principalement sur les bords de la Mer en Bulgarie et en Roumanie : l’observer en France n’est pas fréquent.

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                                                                                                                                                                                                                                              Photo Bruno Gavouyère

Janvier / Février :

L’équipe de la Grande Noé vous souhaite une très bonne année 2015 !

 

L’hiver est la meilleure saison sur la réserve pour pouvoir y observer des oiseaux en nombre et en variété. Les foulques, fuligules, canards de surface nichant au nord de l’Europe viennent gonflés considérablement les effectifs habituels. Chaque hiver, les garrots à œil d’or, les harles bièvres et piettes sont présents en nombre plus ou moins conséquent suivant sa rigueur.

Cette année deux espèces moins régulières peuvent être observées : profiter de la présence de quelques oies rieuses et cygnes chanteurs.

Le cygne chanteur se distingue de son cousin, le cygne tuberculé bien présent dans les parcs urbains, par son bec jaune et un port de cou très rigide, mais aussi par le fait que c’est un  animal très bruyant. Ses vocalises ont d’ailleurs inspiré nombre de compositeurs et philosophes qui les considèrent comme un chant d’adieu, d’où son nom de cygne chanteur.

Il niche en Scandinavie dans les eaux peu profondes de la steppe ou les lacs de la toundra. Très unis, les deux partenaires du couple resteront ensemble toute leur vie. 

En hiver, suivant la rudesse du climat, le cygne chanteur atteindra des secteurs de plaine plus ou moins méridionaux.

Il est essentiellement végétarien et broute l’herbe comme certaines oies.

cygne chanteur

 

Novembre / Décembre :

Stage à la Grande Noé

 Tout a commencé sous un magnifique soleil, où nous avons fait connaissance au gîte de la Musardière samedi matin. Nous étions 15 et entre photographes amateurs et ornithologues. Une très bonne entente s’est vite dessinée.

En allant d'observatoire en observatoire nous avons pu observer des oiseaux d'eau, des plus courants au plus improbables ! Il y avait une forte densité de fuligules morillon et milouin, de vanneaux huppés. Nous avons pu observer des bernaches du Canada ainsi que des oies cendrées, les canards chipeaux, siffleurs, colverts, souchets mais aussi les grèbes huppés, castagneux et à cou noir.

Et pour les observations les plus sympas nous avons pu admirer le Garrot à œil d'or, la Mouette pygmée et le Plongeon imbrim sur la base de loisirs des trois lacs.

Plongeon imbrim

Mouette pygmée immature

 

En soirée, avant d'aller au restaurant, Céline nous a fait une petite présentation sur les rapaces nocturnes et nous a fait part des différentes anecdotes sur la gestion de la Grande Noé.

Dimanche un brouillard épais nous a rendu les observations difficiles. 

Malgré cela notre animatrice, qui a plus d'un tour dans sa poche, nous a emmené dans la plaine voir des Oedicnèmes criards, qui était au rendez-vous avec 12 individus !

Nous avons revu le plongeon imbrin dans l'après midi ainsi que des garrots à œil d'or. Par la suite nous nous sommes également perfectionnés dans la reconnaissance des Goélands, entre le brun, l'argenté et le cendré.

Et nous avons terminé cet agréable week-end par une observation du pélican blanc d’Afrique au niveau de la passe à poisson de Poses.

En conclusion nous avons tous passé un très bon week-end et je remercie Céline et tous les membres du groupe pour tous ces échanges très enrichissants. Il ne m'en reste que de bons souvenirs !!

 

Maëva Dufour

Juillet à fin Octobre :

Malgré les quelques dérangements du pélican blanc en début de saison de nidification, 2014 est une bonne année pour la reproduction de mouettes mélanocéphale et rieuse ainsi que pour la sterne pierregarrin. Un couple de goéland leucophée s’est installé et a couvé mais n’a pas amené sa reproduction à terme. Cerise sur le gâteau, une espèce particulièrement rare en Normandie, le blongios nain, a niché avec succès sur la réserve en élevant 3 jeunes. 

blongios nain femelle

Juvenile ou femelle de blongios

Mi-Septembre, le traditionnel chantier sur 3 jours nous a permis de couper les végétaux et de créer de nouvelles anses à l’abri du vent sur les ilots. Nous espérons ainsi favoriser l’installation de certains limicoles comme l’échasse blanche ou l’avocette élégante dans les années à venir.

Fortement endommagé par la tempête de juillet, la réserve a été remise en état courant octobre grâce à l’action de la base de loisirs des 3 lacs et de quelques bénévoles. Nous pouvons à nouveau parcourir les sentiers librement sans enjamber des arbres en travers.

tempete juillet 2014

Avec l’arrivée de l’automne, les premiers migrateurs s’installent sur la Grande Noë. Nous commençons à avoir un bon nombre de canards souchet et siffleur, tandis qu’un premier butor étoilé a fait son apparition dans le courant d’octobre. Le râle d’eau reste assez facilement visible comme tous les ans à la même époque.

Mai / Juin :

 

Arrachage du Sèneçon du Cap :

 Le Jeudi 5 juin en marge d’une rencontre entre le GONm, les carriers de l’UNICEM et différentes structures environnementales sur la réserve, des élèves du lycée horticole d’Evreux ont participé à l’éradication de pieds de sèneçon du Cap qui est une plante invasive.

Un grand merci à eux et à leurs professeurs pour leur précieuse aide durant cette matinée.

Senecon du cap

Cette plante de la famille des astéracées est originaire comme son nom l’indique de la ville du Cap en l’Afrique du Sud. Elle a été introduite dans les années 1930 et d’emblée, s’est acclimatée d’abord au climat méditerranéen puis s’est répandue vers le Nord jusqu’en Belgique. 

C’est une plante pionnière des milieux en friche et ensoleillé. Elle se répand d’autant plus que le climat n’est pas trop rigoureux et certaines années peut fleurir en toutes saisons.

Une plante invasive est une espèce problématique par sa capacité de colonisation. En 1995, Cronk et Fuller lui donnèrent comme définition « Espèce exotique naturalisée sur un territoire qui modifie la composition, la structure et le fonctionnement des écosystèmes naturels ou semi naturels dans lequel elle se propage ».

De nombreuses naissances :

 grèbe huppé et son petit

 Grèbe huppé et son petit

cygne turberculé familleFamille de cygne tuberculé

Mars : 

Stage du 10 mars au 14 mars :

Lors de cette semaine, le beau temps nous a permis d'effectuer plusieurs travaux. Tout d'abord le nettoyage des sentiers et du bois pour enlever les multiples déchets abandonnés par les promeneurs. Suite au bûcheronnage effectué précédemment dans le but d'éviter que les saules ne prennent trop d'espace et transforment le bois en forêt, nous avons déplacé les tas de branchages afin de ne pas brûler la faune s'étant réfugiée dedans pour passer l’hiver. Il ne reste plus qu'à le brûler avant que d'autres espèces s'y installent.

Nous avons également entrepris de réparer le radeau à sternes, échoué depuis les dernières tempêtes. Les anciens radeaux en polystyrène ayant explosés et disséminés des particules sur les berges, le radeau restauré va flotter grâce à des bidons fixés sous les planches. A l'aide d'un bateau prêté par la base de loisirs, on a fixé le radeau à celui déjà mis en place. Les sternes étant philopatriques, il faut que les lieux de nidifications soient au plus proches des années précédentes. Les radeaux sont donc prêts à accueillir les sternes qui devraient arriver sur la réserve mi-avril.

chantier radeau à sterne


En fin de semaine, malgré les nuages de pollution, nous avons procédé au suivi ornithologique de la boucle de Poses et sur la ZPS (zone de protection spéciale). Nous avons donc rencontré différentes espèces sur les sites de la Grande Noé et des alentours : grand cormoran, cygne, pélican, mouette mélanocéphale, mouette rieuse, foulque, bernache du Canada (espèce invasive), fuligule morillon, grèbe huppé, colvert, canard siffleur, héron, poule d'eau, bécassine, pic vert. Des cigognes ont aussi été aperçues dans les alentours.

héron cendréHéron cendré

 

Merci encore à vous pour cette semaine de stage enrichissante, ainsi qu'aux bénévoles m'ayant agréablement accueillis & bonne continuation à la Grande Noé !

 

Coraline Fillet

 

Février :

Des chantiers d’entretien sur la réserve au mois de Février :

Durant cette période, deux chantiers ont eu lieu. Un pour rehausser le chemin afin de le mettre hors d’eau l’hiver et faciliter la remise à l’eau du bateau que nous utilisons pour atteindre les ilots. C’est sous un beau soleil que ce chemin a été remis en état avec l’aide efficace des détenus du centre de réinsertion social et professionel de Val de Reuil qui n’ont pas ménagé leur peine durant toute une après-midi. Nous remercions vivement tous les participants.

chantier epide 2014

Le deuxième chantier a eu lieu aussi sous le soleil, avec les adhérents et dans la bonne humeur. Le bateau prêté par la base de loisirs de Léry-Poses nous a permis d’accéder aux ilots qui ont été désherbés en matinée, tandis que l’après-midi, nous nous sommes séparés en deux équipes.  L’une d’elles a continué la réfection du chemin pendant que l’autre tentait de remettre en état les radeaux  à sternes qui s’étaient décrochés lors des dernières tempêtes. Ce n’est que du rafistolage en attendant qu’ils soient remplacés, mais le moins détérioré a pu être réparé et sera mis à flot durant le mois de mars.

chantier radeau à sterne

chantier radeau à sterne

Il ne faut pas tarder à remettre ces « nichoirs » en place car durant le mois les Mouettes mélanocéphales sont déjà revenues de leur site d’hivernage, le printemps pointe son nez et l’installation des nicheurs se précise. Il est encore temps d’admirer un couple de Nette rousse hivernant mais il ne devrait pas tarder à nous quitter.  Par contre, les nicheurs précoces sont déjà installés : deux nids de Cygne tuberculé et un nid de Grèbe huppé sont bien visibles et une activité fébrile anime la colonie de Grand cormoran où certains adultes couvent tandis que d’autres en sont encore à construire et à parader.

Janvier :

Le Grand cormorangrand cormoran

 

En ce début d’année, les grands cormorans commencent à arborer leurs magnifiques parures nuptiales sur la réserve de la Grande Noé. Ce grand palmipède à l’aspect noirâtre en d’autres périodes, devient un magnifique oiseau aux teintes rutilantes surtout quand le soleil en ravive les couleurs :  

·      tête plus ou moins blanchâtre en fonction de son âge (les adultes âgés arborant une  crinière blanche plus étendue que les jeunes adultes)

·      œil émeraude ou turquoise, gorge blanche, tache blanche au niveau de la cuisse, couvertures des ailes vert métallique frangées de noir. 

Ne tardez pas, car ce plumage nuptial ne dure guère de temps.

Vous aurez peut-être la chance d’assister à une parade ponctuée de cris gutturaux, à un accouplement, à la construction des nids, au relai des couveurs. En effet, la réserve du GONm de la Grande Noé, avec plus de 400 couples nicheurs est l’un des sites continentaux les plus importants pour la nidification de cette espèce en France, juste derrière le lac de Grand Lieu près de Nantes.  

            Hormis quelques autres sites de nidification intérieure (Saint-Samson dans le Calvados, étangs du Perche dans l’Orne, tourbière de Baupte dans la Manche, …), le gros de la population normande se reproduit sur les îlots rocheux de la Manche ou les falaises maritimes du pays de Caux et de la Hague.

D’une envergure d’1m50 et pesant environ 3 kg, le cormoran a besoin d’environ 300 g par jour pour se nourrir. Pour cela, il est capable d’effectuer des déplacements très importants, jusqu’à 40 km de son port d’attache. De ce fait, les nicheurs d’une colonie exploitent une surface en eau conséquente où les prélèvements ne représentent qu’une part infime de la biomasse disponible. Après la pêche, le grand cormoran, qui ne possède pas de glande uropygienne, se perche pour sécher son plumage en étendant ses ailes dans une position d’aigle héraldique. 

En Asie, le grand cormoran est encore utilisé pour la pêche traditionnelle. 


 

Décembre :

En décembre, le décompte concerté des aigrettes, hiboux moyen-duc, râles d’eau et bécasses des bois de la réserve à la tombée de la nuit a permis de recenser les espèces présentes : point de hibou moyen-duc, mais les autres oiseaux recherchés étaient bien au rendez-vous.  

grande_noe_crepuscule.jpg

Avec près de dix grandes aigrettes recensées, il s’agit d’un nouveau record pour le site. Cet ardéidé à la répartition cosmopolite est un grand échassier vivant près des rivières, marais, étangs, … D’une taille un peu supérieure au héron cendré, la grande aigrette est le plus grand représentant des hérons d’Europe. À cette période, outre sa taille, son plumage blanc immaculé et son bec jaune en forme de poignard permettent une identification facile. Cette espèce a bien failli disparaître au début du 20ème siècle à causes de ses plumes nuptiales (dénommées aigrettes) très prisées des chapeliers pour orner les chapeaux de ces dames. 

grande aigrette

À la Grande Noé, vous pourrez l’observer près de la roselière arpentant les zones peu profondes afin de débusquer les insectes et les vertébrés aquatiques qu’elle cherche à faire sortir de leurs cachettes en faisant vibrer ses pattes. Trompée par ce subterfuge, la proie repérée n’a plus guère d’autre issue que de fuir, esquive rarement couronnée de succès ! Avec un peu de patience, peut-être l’observerez vous en train de transpercer un poisson d’un coup de bec sur la réserve ou, à proximité, en train de muloter ou de véroter.

Novembre :

Stage hivernal de la Grande Noé, le 30 novembre et 1 er Décembre :

Un superbe temps lumineux nous a accompagné tout le week end. Il nous a permis de détailler dans des conditions optimales de nombreuses espèces peu communes ou difficiles à voir. Le Butor étoilé s'est laissé admirer, chose rare, par la vingtaine de participants. Le Harle piette n'a pas été en reste en se montrant très coopératif face aux nombreux observateurs. Une partie des participants verront très bien le garrot à oeil d'or le samedi après-midi, celui-ci se montrant farceur le dimanche matin. Nous nous déplacerons plusieurs fois autour du lac des 2 amants pour mieux le voir mais plus la journée avançait plus les garrots s'éloignaient de nos points d'observation.

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Garrot à oeil d'or

Octobre :

Petit à petit, les hivernants commencent à arriver. Fin Octobre, le butor étoilé a pris ses quartiers d’hiver peu de temps avant le premier garrot à oeil. 

butor

                                                                                                                                                                                                                                                    Butor étoilé / Photo Christian Gérard

Mais c’est le fuligule morillon qui se regroupe actuellement en masse sur la Grande Noé et les ballastières environnantes. Ce canard plongeur fait des apnées de 10 à 20 secondes et grâce à ses pattes palmées peut plonger parfois à 7 mètres de profondeur pour y trouver des mollusques ou des insectes aquatiques. Il broute aussi des végétaux qu’il vient chercher en bordure de l’eau. Originaire des régions nordiques comme la Scandinavie ou l’Islande, il trouve sur les ballastières de la boucle de Poses des conditions favorables pour y passer la mauvaise saison.

A la Grande Noé comme sur le lac des 2 amants, vous pourrez l’observer dans d’excellentes conditions. Certains d’entre eux peuvent avoir des bagues nasales : Si vous arrivez à les lire, vous pouvez m’envoyer les codes couleurs ainsi que les chiffres et lettres permettant d’identifier l’individu marqué : je les transmettrai au bagueur concerné qui pourra nous raconter l’histoire de vie de cet oiseau. Ce type de marquage concerne aussi d’autres canards : ouvrez l’œil.

fuligule milouin mâle

morrillon bagué

 

 

Septembre : 

Une espèce exotique à la Grande Noé : Originaire d'Amérique du Nord, la Bernache du Canada a été introduite par des collectionneurs d’anatidés ornementaux durant le 20 ème siècle, principalement en Grande-Bretagne, mais aussi dans beaucoup de pays européens dont la France. Sa reproduction étant aisée en captivité, de nombreux jeunes ont colonisé l’ensemble du continent et maintenant s’y reproduisent à l’état sauvage. Le Barnache du Canada niche maintenant sur bon nombre de plans d’eau où elle s’avère dominante sur de nombreuses espèces autochtones qu’elle perturbe en période de reproduction. Devenue rapidement une espèce envahissante, elle est régulée depuis quelques années par les gardes de l’ONCFS.

bernache du Canada

Sur la Grande Noé vous pourrez y trouver d'autres espèces invasives telles que la Tortue de Floride.

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